Culture des tomates 2019

La saison fut bonne pour certains et mauvaise pour d’autres. Les  pieds de tomates cultivés à l’intérieur  d’un abri  (serre ou tunnel) ou dans un jardin sans protection ont tous soufferts plus ou moins de la chaleur.

La fécondation des fleurs ne se fait plus lorsque les températures dépassent 35°C ; elles avortent et coulent. Les jeunes fruits à peine formés grillent aussi au-delà de cette température. Sous l’effet du soleil, les tomates prêtes à murir sont marquées par un cercle noir. La récolte est compromise pendant plusieurs semaines.
 
Ne pas déshabiller les tomates lorsqu’il fait chaud
Cette année, il ne fallait surtout pas mettre à nu les tomates en retirant les feuilles. Les gourmands aussi devaient être conservés toujours pour les mêmes raisons. Les adeptes de la « non taille » ont récolté des tomates à foison. Cependant, si la saison estivale  avait été pluvieuse, l’inverse se serait produit avec des attaques de mildiou (ce qui ne fut pas le cas cette année).   Vous l’avez compris, il n’ y a pas de règle stricte pour cultiver des pieds de tomates, il faut simplement s’adapter au temps qu’il fait.

Du frais sous abris
A l’intérieur d’une serre ou d’un tunnel, les températures peuvent atteindre plus de 45°C lorsque l’abri reste bouclé. Or à l’intérieur d’une tunnel ou d’une serre, il est très facile d’abaisser la température en ombrant les parois à l’intérieur avec divers toiles à ombrer. Sous un tunnel, j’utilise pour ma part un voile d’hivernage dès le mois d’avril qui protège les cultures contre le froid  et inversement apporte de la fraicheur en été. Bien entendu les portes et aération sont grandes ouvertes.   

Tomates au placard
Enfermez les tomates vertes dans un meuble en bois non traité placé dans  un local sec (garage, sous-sol chauffé, abri de jardin…). Les tomates murissent tranquillement à l’intérieur à l’abri des loirs, lérots ou autres rongeurs.
Les tomates cerise se conservent sur le pied. En les suspendant à la chaleur dans une véranda, une pièce chaude mais pas forcement très éclairée. Peu importe la lumière, c'est la chaleur qui fait mûrir la tomate.

 

 

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Ce n'est pas le soleil qui fait mûrir la tomate mais la chaleur.


En fin de saison, c’est-à-dire maintenant, lorsque les températures baissent avec une dose d’humidité, il est fort probable que les dernières tomates vertes dépérissent avant de murir. Or il est possible de les faire murir en prenant quelques précautions.  

 

 

1) Cueillez d’abord les plus grosses tomates. Vertes, elles peuvent pourrir avant de mûrir si la température n’excède pas 15°C.

 

2) Coupez les tiges au sécateur afin que le pédoncule reste attaché au fruit. La conservation sera d'autant plus facile.


3) Prolongez les tomates jusqu'en hiver en les  enfermant dans un sachet en papier kraft. Seules, elles mûrissent très lentement jusqu'au cœur de l'hiver. Cette technique est valable pour les tomates saines. Une tomate pourrie fait pourrir la compagnie !

 

4) Une tomate verte ne dégage pas d’éthylène responsable du mûrissement des fruits. La compagnie de pommes avec les tomates vertes accélère le processus du mûrissement grâce à l'éthylène qu'elles dégagent. Plus la concentration de pommes est forte, plus vite les tomates rougissent.

 

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Un panier anti-rongeur

Les souris, mulots, campagnols pullulent cette année dans les jardins.  En effet, les rongeurs détestent l’humidité pour se reproduire. La sécheresse de cet été leur a permis de se reproduire à foison, ce qui explique la multiplication des renards, grands prédateurs des rongeurs (passons).  Si actuellement la nourriture est abondante, à l’approche de l’hiver, ce petit monde se nourrira de racines, graines et bulbes. Un automne pluvieux  puis froid cet hiver devrait réduire la population. Mieux vaut prévenir que guérir. 

 

  • Tapissez le fond d'une barquette avec un grillage avant de disposer les bulbes.

     

  • Recouvrez  de terre mélangée à du sable fin.

     

  • Disposez un grillage à poules par dessus.

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Marcotter une clématite dans pot

  • 1- Versez un lit de billes d’argile dans un pot en zinc percé sur les côtés à 2 cm du fond. 

  •  2- Etendez une toile sur le drainage entre le drainage et le terreau semis et bouture

  •  3 - Dégagez les feuilles d’un rameau de l’année et conserver 2 paires de feuilles sur l’extrémité que vous. Incisez la tige que vous enfoncez dans le substrat

  • 4 - Couvrez la tige  avec du terreau maintenue avec des crochets. Arrosez copieusement la première fois.

Et après
Maintenez  humide la marcotte jusqu’en automne. Attendez le printemps prochain pour couper la tige qui sépare le pied mère à la marcotte

       

 

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Livres

La vie sexuelle de mon potager

Un livre érudit, inédit et audacieux pour découvrir la vie sexuelle des plantes du potager, leurs techniques et stratagèmes pour séduire, se reproduire et entraîner des pensées polissonnes chez nombre de jardiniers, à coups de formes et de moeurs évocatrices et provocantes ! Merci à elles d'avoir inventé la sexualité ! Outre ce don généreux qu'elles ont fait au vivant, connaître cette réalité physiologique liée à la reproduction nous permet aussi de mieux comprendre et surtout mieux cultiver notre potager. Nous apprendrons ainsi pourquoi il est nécessaire de freiner le besoin de reproduction des laitues, ou d'encourager l'appétit sexuel des tomates, par exemple. Un récit ponctué d'exemples, d'anecdotes, d'encadrés, de citations et de proverbes dynamisant la lecture.

De Xavier Mathias - Editions Terre Vivante

Green addiction
Justine Jeannin, créatrice du concept store végétal What the Flower, la boutique de plantes vertes la plus tendance de Paris, nous apprend à transformer notre appartement en jungle tropicale sans se ruiner, et sans échec. Justine Jeannin est aujourd'hui la référence parisienne de la plante verte. Sa boutique, qui a acquis une renommée internationale, propose les plantes d'intérieur les plus tendance du moment : des succulentes graphiques et faciles à entretenir, des tropicales à l'aspect exotique, des plantes à feuillage panaché, à tige zébrées, etc.
De Justine Jeannin - Editions Ulmer

La Permaculture au jardin mois par mois
Damien Dekarz, connu pour ses vidéos inspirantes sur Youtube (chaîne « Permaculture, agroécologie, etc. »), s’adresse à tous ceux qui rêvent d’un jardin productif en fruits et légumes favorisant la biodiversité dans son ensemble. Nous sommes en effet de plus en plus nombreux à désirer une alimentation saine et respectueuse de l’environnement. La permaculture est au cœur de cet ouvrage qui, pratique et illustré, est accessible à tous. Grâce à la classification des techniques mois par mois, vous pourrez avancer dans votre projet de potager : quel que soit le moment de l’année, des activités sont toujours possibles. L’auteur propose des méthodes pour obtenir un sol vivant tout en réalisant vos cultures, mais aussi pour créer un compost, du purin, des semences, des boutures… Vous y trouverez de nombreuses astuces pour ne plus labourer la terre et ne plus utiliser d’insecticides, fongicides, herbicides. Vous y découvrirez comment devenir autonome en vous passant de tout intrant.

De Damien Dekarz - Editions de Terran

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    Semer des graines d’artichauts

 

Les graines sont disponibles partout dans les jardineries ou sur les sites spécialisées dans la vente par correspondance. Dans notre région, on aura une préférence pour la variété résistante au froid le « Gros verte de Laon ».  Elles sont grosses comme un beau grain de blé,  faciles à distinguer pour les semer à l’unité.

Semer les artichauts au chaud.

1) Remplissez des godets de 7 cm avec un terreau semis
2) Enfoncez 3 graines sur 1cm de profondeur par pot.
3) Arrosez en pluie fine et placez les godets à une température de 20°C et en pleine lumière. La levée est au bout d’une  semaine
4) Repiquez les plantules 10 jours plus tard en godets de 7 cm dans le même terreau. Les jeunes artichauts sont placés sous abri  avec cette fois-ci une température légèrement plus basse pour les endurcir et le rendre plus résistant ensuite.

       

 

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    Fabriquer des mottes compressées

      La fabrication de mottes compressées permet de ne pas utiliser de contenant. Les plantations se font sans dépotage. Cette méthode est très économique et sans le moindre déchet.

      1. Préparez une boue avec du terreau universel et d’eau. Après le mélange, le substrat pressé a l’aspect d’une pâte à tarte dont on peut déjà réaliser des boulettes compactes.
      2.  Utilisez un presse-motte composé de 4 compartiments de 5cm de diamètre ou 5 compartiments de 3,8 cm que vous remplissez en pressant le terreau humide.
      3. Démoulez les mottes dans une caisse. Elles sont compactes et uniformes avec un avant trou au centre.
      4. Repiquez aussitôt  les jeunes plants dans les mottes très humides.
         

       

      Et après…  Attendez que les mottes se rétractent avant d’arroser.  Les plantes se développent rapidement et s’enracinent à l’intérieur de la motte. Selon les plantes,  vous les installez à la chaleur ou à la fraicheur comme si elles étaient cultivées en godet en plastique

     

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Questions

Framboisier jaune
Je possède des framboisiers depuis plusieurs années qui ne donnent rien ou presque. Les feuilles sont jaunes. La terre de mon jardin comme dans toute la région est très calcaire. Existe-t-il une variété mieux adaptée à la nature de mon sol ? Mes petits enfants adorent la confiture de framboises.

Dans une terre trop calcaire, le feuillage des framboisiers  souffre d'une décoloration jaune due à la chlorose (nervure verte, limbe jaune).

Il s'agit d'une carence ferrique facile à contrer grâce aux apports de matières organiques. Avant la plantation, améliorez la fertilité du sol avec du compost environ 1 seau de 10 litres par m² et/ou en épandage entre les pieds sur une couche de 0,5 cm à 1cm. Ensuite, paillez entre les rangs avec du BRF (Bois Raméal Fragmenté). Des copeaux de bois disponibles parfois dans les déchetteries ou en déchiquetant vos propres tailles avec un broyeur. Enrichissez votre terre avec des engrais organiques « petits fruits ».

Liseron envahissant
L’année passée, mon potager était envahi  de liserons qui malgré plusieurs pulvérisations d’herbicides et des passages avec un motoculteur, ils ont continué  à étouffer les légumes. Comment s’en débarrasser cette fois-ci sans herbicide ?

Sachez qu’il occupe un terrain désherbé chimiquement  pour l’envahir ensuite. La meilleure stratégie pour  l’éradiquer sans herbicide est de le mettre en concurrence toute l’année avec des engrais verts. Coupez ou arrachez la partie  aérienne pour éviter la dissémination des graines. Extirpez les racines avec une fourche bêche sans retourner la terre. Paillez entre les légumes et les fleurs ainsi qu’aux pieds des arbustes  pour le priver de lumière. Cette méthode facilite aussi l’arrachage des racines qui remontent en surface. Ne moulinez pas avec les fraises d’un motoculteur un terrain occupé par des liserons car vous découpez les rhizomes en une multitude de petites boutures. L’excès d’azote favorise sa prolifération. Parfois nommé « boyau du diable », le liseron enfonce ses racines profondément dans le sol pour fragmenter l’argile du sous-sol. Le liseron est rampant ou grimpant avec ses tiges volubiles au pied d’un buisson, une haie, une clôture etc.  Utile avec ses fleurs mellifères et indésirable lorsqu’il étouffe les légumes du jardin. Discret en début de saison, il jaillit de terre lorsque les cultures sont en place.

 

 

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