COUCHE

Cette méthode ancestrale permet de gagner du temps dans le jardin et de faire des économies en vous servant de fumier frais, des planches, du terreau et des châssis…

S’il y a bien un souhait que chaque jardinier espère tous les ans : c’est de récolter le premier sans dépenser, il faut simplement se dépenser. Le bonheur est dans le potager lorsqu’on récolte les premiers radis à peine piquants, lorsque les délicates feuilles de salades fondent dans la bouche… Le plaisir est dans le jardin lorsqu’on repique des quantités de fleurs annuelles (œillets d’Indes, sauges,  zinnias géants) sans se ruiner. Des jeunes plants tirés de la couche qui ne coûtent presque rien,  hormis l’huile de coude. Le bonheur est sur le balcon lorsqu’on plante ses jardinières  avec des géraniums démarrés sur la couche. Bien entendu, la fabrication d’une couche n’enlève rien aux achats de plantes chez les professionnels du jardin ? Ils sont là pour enrichir  nos plates-bandes et  potagers. 

Fumier frais
Si le fumier de bovin ou d’ovin est facile à trouver dans les pays d’élevage, il n’en est pas de même pour les zones urbaines où les étables ne courent pas les rues. En revanches, on peut facilement se procurer du fumier de cheval dans un haras. Ce dernier chauffe plus fort mais moins longtemps qu’un fumier de bovin ou d’ovin.  Le fumier de bovin ou de mouton est excellent pour réaliser un réchaud car il faut bien l’appeler comme ça, une couche n’est ni plus ni moins qu’un radiateur avec de l’énergie gratuite ou presque… On peut aussi remplacer le fumier par de la paille  arrosée avec un accélérateur de compost à base de sulfate d’ammoniaque, un produit qui remplace le lisier des animaux. Des tontes de gazon mélangées avec de la paille favorisent le réchaud comme le purin d’ortie

Comment dresser une couche ?

  1. Etendez  régulièrement votre tas par couches successives tout en le tassant. Il faut que le tas soit le plus compact possible sur une épaisseur d’au moins 30 cm .
  2. Arrosez copieusement le tas surtout si vous utilisez du fumier très pailleux 
  3. Fabriquez un coffre avec des planches de 30 cm de hauteur. Arrangez vous pour incliner le coffre du côté sud.
  4. Remplissez à moitié le coffre avec 10 à 15 cm de terreau bien décomposé. En principe, on se sert du fumier composté de l’année précédente. En revanche lorsqu’on réalise pour la première fois une couche,  utilisez d’abord 10 cm de bonne terre de jardin (attention aux racines de chiendents et liserons)  puis complétez sur 5 cm d’épaisseur avec un terreau universel.
  5. Fermez le coffre avec des châssis qui, autrefois, étaient en verre mais ils peuvent être avantageusement remplacés par du plastique.

Le semis
Sur une couche on sème en principe en ligne pour donner de l’air entre les rangs mais surtout pour faciliter le désherbage. Sinon le semis se pratique comme en pleine terre. Commencez par semer  des radis, salades, choux, poireaux  puis vos fleurs et tomates et  plus tard les cucurbitacées (cornichon, concombre, melon, potirons…), des plantes très sensibles au froid.
En attendant l’arrivée des hirondelles, vous pourrez déjà savourer vos premiers radis sur votre couche.

 

Le saviez-vous ?
Coup de feu
Si votre couche est composée de fumier de cheval, la température intérieure s'élève au bout de quelques jours à 100°C . C'est le coup de feu ! Vous ne devez pas semer pendant cette période, il faut attendre une semaine. En revanche, vous pouvez semer aussitôt s’il s’agit d’un fumier de bovin ou de mouton car la température à l’intérieur  est moins forte de l’ordre de 80°C. Pour vous en rendre compte plantez un thermomètre dans le terreau.

 

 

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