L’hyponomeute, la chenille tisseuse de toile

   

Au printemps, certains arbustes  sont recouverts d’un épais filament soyeux. A l’intérieur, de petites bestioles fourmillent  les unes contre les autres.

Il s’agit d’une colonie de chenilles  du papillon hyponomeute (hyponomeuta) qui tissent de colossales toiles de soie blanche. A l’intérieur, les feuilles son en lambeau. L’’arbre serait-il en danger ? Pas de panique, les feuilles repoussent très vite  aussitôt l’attaque passée.

Mode de vie de l’hyponomeute  
L’adulte est un papillon blanc nocturne d’une vingtaine de millimètres aux ailes antérieures piquetées de points noirs. En juillet août, la femelle pond une cinquantaine d’œufs disposés côte à côte (ooplaque)  sur l’écorce. Après l’éclosion, les jeunes chenilles en forme de larves migrent sous un bouclier brunâtre pour y  passer l’hiver.
Au printemps, la chenille à petite tête noire gris-brun recouverte de points foncés quitte l’abri pour pénétrer à l’intérieur  des jeunes feuilles. Puis elles tissent de gigantesques toiles recouvrant les rameaux pour se protéger contre les  prédateurs et les intempéries. Une fois les feuilles broutées, repartent à tisser de nouvelles toiles à la recherche d’autres feuilles. De véritables funambules, les chenilles se tortillent sur des fils à la verticale ; un moment préféré pour communiquer entre elles pendant les va-et-vient (comme les fourmis). A ce stade, elles sont  vulnérables aux prédateurs.
En juin, les chenilles se nymphosent et donnent naissance aux papillons qui après accouplement déposeront des œufs sur les rameaux. La femelle vit une soixantaine de jours alors que le mâle meurt aussitôt l’accouplement.
Et ainsi de suite…

 Les arbres et arbuste attaqués
Les hyponomeutes sont inféodés à des plantes hôtes spécifiques. Si les chenilles s’attaquent principalement au fusain d’Europe dans une haie champêtre, elles n’envahissent pas les arbustes voisins.
On distingue une dizaine d’espèces d’hyponomeutes  (fusain d’Europe, cerisier, saule, pommier, poirier, sorbier des oiseaux, merisier, prunier, aubépine

Moyens de luttes
Est-il vraiment nécessaire de  sortir l’arsenal chimique pour détruire des chenilles qui certes effeuillent l’extrémité des branches ?  Si esthétiquement les filaments de soie  ne vous emballent pas vous avez recours à la lutte biologique avec un traitement de Bacilllus thuringiensis, (le même produit pour lutter contre la chenille de la pyrale du buis). Encore plus écolo, pulvérisez une infusion de tanaisie (une plante très présente dans notre région)  et/ou de purin de fougère associé avec du savon noir.  Ces pulvérisations sont réalisées tous les 2 à 3 jours.
Cette chenille n’étant pas urticante, elle est inoffensive pour l’homme vous pouvez aussi les détruire à la main sans danger. 

Le festin des mésanges  
Si vous un adepte pour laisser la nature tranquille, ne privez  pas le festin royal des mésanges qui alimentent les oisillons avec les chenilles.   Plus elles sont nombreuses plus la famille s’agrandira sous plusieurs nichées. Une nourriture partagée aussi par la fauvette des jardins qui aussi une grande consommatrice de chenilles. Rien ne vous empêche d’ouvrir le garde-manger de temps en temps pour que nos oiseaux embarquent la nourriture.
Les guêpes aussi  apprécient les chenilles.

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