Jardiner sans engrais

Cultiver son jardin sans engrais chimique…c’est possible !  Mais cultiver son jardin sans le nourrir… c’est l’épuiser ! On ne peut pas espérer des récoltes ad vitam aeternam sans fertiliser le sol


Si la terre est notre garde-manger à force de tirer dessus, les rendements diminuent d’année en année pour devenir inculte.  C’est la raison pour laquelle il faut sans cesse engraisser notre sol pour que les plantes continuent à pousser.  Des légumes,  des plantes ornementales, des arbres et arbustes sous alimentés sont beaucoup plus fragiles. Certaines plantes ne résisteront pas aux hivers, d’autres aux périodes de sécheresses. Elles seront plus sensibles aux attaques d’insectes car elles n’auront pas de défenses. Mais attention, nourrir ou fertiliser ne veut pas dire suralimenter, les excès aussi sont encore plus néfastes. Un surdosage d’engrais peut entraîner la perte définitive d’une plante. Alors soyons parcimonieux et un peu calculateur…

Tester votre terre
Avant d’enrichir la terre de votre jardin, il est judicieux d’en connaître sa nature. Est-elle acide ou calcaire ? Une terre est acide lorsque le pH* est inférieur à 7, neutre le pH est égal
à 7, calcaire le pH dépasse 7.
En règle générale, les fleurs et les légumes poussent avec un pH légèrement inférieur à 7. Mais  certaines plantes exigent un pH  inférieur à 6. Ce sont les plantes acidophiles (ne supportent pas le calcaire). Dans cette catégorie on trouve les plantes dites  de « terre de bruyères » (rhododendrons, azalées, bruyères…). Si votre terre est naturellement calcaire, vous devez envisager l’apport de terre de bruyère pour planter ce genre de plantes. Les légumes ne supportent pas un sol trop acide car il a le défaut d’accentuer  maladies et pourritures. Un gazon dont le pH est inférieur 6,5 sera envahi  par la mousse.

* pH  (potentiel Hydrogène) mesure de l’acidité en chimie

Fumier de cheval composté
Je fertilise mon jardin avec du fumier de cheval composté. Au lieu de l’enfouir au moment du bêchage, je monte des couches en février mars  qui me servent à produire des plants de légumes ou de fleurs. Le printemps, après avoir repiqué les jeunes plants de salades, choux, tomates…, je sème en ligne les plantes les plus gourmandes comme les melons, cornichons, concombres, courges… Et s’il me reste du fumier frais au mois d’avril, je dresse d’autres tas au milieu de la pelouse  d’environ 1 mètre sur 1 mètre  pour y semer les plantes coureuses
(potirons, courges, potimarrons, concombres) Cette méthode nourrit les plantes gourmandes sans épuiser  le sol. Une fois la saison terminée, j’utilise ce fumier transformé en compost pour enrichir et alléger les plates bandes.

Utilisation du compost
On peut utiliser le compost  2 à 3 mois après l’avoir entassé dans un silo ou mis en tas. Sachez lors de la première utilisation du compost dans un silo, la durée du processus est environ du double. La faune des petits animaux et des micro-organismes  doivent se mettre en place et s’activer. Mais pour que le compost soit parfaitement affiné, n’hésitez pas à le garder quelques mois de plus à l’intérieur du silo ou stocké en dehors. Ainsi la qualité de l’humus obtenu est constante, il est plus riche en oxygène et permet de fertiliser des sols lourds, les plantes sont plus fortes donc en meilleure santé. Le compost est excellent pour préparer des semis ou en apport direct dans les sillons et les trous à planter.
D’une façon générale, riche en « engrais », il est préférable d’utiliser le compost comme amendement. Vous obtiendrez un plus beau compost  Pour obtenir une bonne et fine qualité,  tamisez le compost avant son utilisation avec  un grillage fin (grillage à poule).

Dosages

 

Paillis d’ortie 

Si le purin d’orties vous déplait à cause de l’odeur, on peut les utiliser en paillis. Mais avant de l’étendre, vous devez le faire chauffer pendant deux à trois jours pour éviter la germination des graines.

 

 Du « peps » avec du purin d’ortie

Fabrication du purin

Il faut  1 kg de feuilles fraîches ou 200 g  de feuilles sèches dans 10 litres d'eau de pluie que vous laissez fermenter pendant 2 semaines (avec la chaleur, 10 jours suffisent). Pour des raisons de commodité vous pouvez enfermer les feuilles dans un sac en jute comme une infusion.

 

 

Consoude 
On peut aussi utiliser les feuilles de consoude en paillis. Elle est utile aux pieds des plantes dont les racines sont superficielles comme les petits fruits (groseilliers, framboisiers, cassissiers). Les feuilles de consoudes enrichissent les arbustes et les protégent des mauvaises herbes.
La consoude pousse en bordure de bois

 

Semer de la moutarde

La moutarde est un engrais vert à croissance rapide. Son cycle de production est de 40 à 50 jours, elle s’intercale entre deux cultures ou se sème avant une culture tardive.   
 La moutarde étouffe les « mauvaises herbes ». Enfouie, elle améliore la structure du sol et l’enrichit pour la culture suivante De plus, elle évite l'érosion intempestive des terres cultivées. Elle préserve la nappe phréatique des excès de nitrates dans l'eau.

 

Qu’est-ce un engrais vert ?
L’intérêt des engrais verts est d’améliorer la structure et la texture de votre jardin épuisé par légumes. Au fur et à mesure qu’une parcelle se libère ensemencez-y un engrais vert sur une terre légèrement griffée. En arrière saison, semez les graines à la volée et enfouissez-les légèrement en griffant puis en tassant la terre.  Les graines germent au bout d’une petite semaine.
Avant l’hiver, même si le cycle végétatif n'est pas achevé, fauchez-la ou passez la tondeuse. Attendez une grosse semaine, puis bêchez la surface pour enfouir la matière végétale. On peut aussi les laisser sur terre pendant l’hiver.
L’avantage en se décomposant  rapidement, les engrais verts améliorent la structure du sol, en apportant humus et azote. Au printemps, la terre est fine et  sans « mauvaises herbes ».

Les quantités à semer.

La moutarde : 500 grammes couvrent 200 m²
La phacélie :   500 grammes couvrent 250 m²
La vesce :        500 grammes couvrent 100 m²  

Le neem
Pour améliorer la fertilité d’un potager et de plates-bandes de fleurs, le neem est un excellent engrais organique 100 % végétal. Il se compose de la coque et du fruit d’un arbre appelé  neem (margousier) que l’on a pressé pour en obtenir de l’huile. Pour faciliter l’épandage, il est sous forme de granulés. L’azote organique se libère progressivement et est absorbé par les fleurs et les légumes selon leurs besoins. Il est riche en minéraux et en oligo-éléments. Le neem est particulièrement efficace au pied des tomates au moment de la  plantation et en entretien car il favorise les systèmes racinaires et foliaires (les plantes sont plus fortes, plus vertes). Il a particularité d’augmenter la rétention d’eau. En été, les plantes supportent mieux la chaleur. Après avoir récolté les pommes de terre,  répandez du neem avant de semer les mâches.

Caractéristiques techniques

Présentation : petit granulés
Teneur en azote total : 3,4%
Teneur en azote organique : 1,5%

*Neem ou margousier (Azadirachta indica) est un arbre à feuillage persistant qui est cultivé en Inde.

 

Répandre des cendres de bois
Les cendres contiennent du potassium, calcium,  magnésium,  phosphore, fer, cuivre, sodium,  zinc, manganèse…. Elles éloignent les puces (altises) des radis et choux lorsqu’on en saupoudre dans le sillon avant le semis de radis.. Elles luttent contre la sclérotiniose (pourriture blanche) des oignons, échalotes, aulx, poireaux…  Elles repoussent les escargots et les limaces.  Elles protègent les plantes gélives comme les fuchsias, artichauts, arums... Elles empêchent la montée des insectes rampants sur les arbres fruitiers. Elles désinfectent les bulbes et rhizomes pendant la conservation. Elles désodorisent le compost l’été en remontant l’acidité.
Bon à savoir
Si les cendres allègent les terres lourdes, il faut réduire les quantités sur une terre calcaire (une poignée au m²).

 

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