Hivers moins rigoureux

Depuis quelques années, les hivers sont nettement moins rigoureux (s’agit-il du réchauffement de la planète ?). Nos leçons d’horticulture seraient-elles bonnes à mettre au panier ?

Il y a plus de dix ans, je vous aurais certifié qu’il était impossible d’obtenir des fruits de la passion dans le Nord de la France (hormis le long de la côte). Or aujourd’hui dans mon jardin, je récolte pour la première fois des fruits de la passion. Je ne suis pas étonné puisque l’hiver  dernier, il n’a pratiquement jamais gelée (à peine en dessous de – 5°C). Un hiver normal les températures descendent en dessous de  - 10°C , de quoi rectifier les plantes dites « gélives ». Les passiflores font partie de ces plantes qui repartent de la souche après avoir abandonner les tiges aériennes pendant l’hiver. Cette année, elles sont restées en végétation, les premiers rayons de soleil d’avril ont  favorisé une magnifique floraison. Habituellement les premières fleurs apparaissent en été. Il est alors impossible qu’elles soient fécondées pour avoir une fructification. Or en cet fin juillet, je vais manger mes premiers fruits de la passion de quoi rendre jaloux les jardiniers du sud.
Les cannas, eux aussi fleurissent au moins un mois plus tôt que la normale Or cette année dans notre région, ceux qui osent laisser les rhizomes en terre se voient avec des cannas en pleine fleur début juillet.  Nos  professeurs d’horticulture, nous enseignaient qu’il fallait rentrer les rhizomes de cannas sous peine de les perdre. Les glaïeuls, dahlias, fuchsias….sont logés à la même enseigne, ils passent l’hiver dehors et ressortent en pleine forme dès que la terre se réchauffe. Toujours sur le même registre n’a-t-on pas vu au printemps une nuée de coccinelles asiatiques qui n’avait rien à faire chez nous. On nous avait pourtant certifié que ce genre de coccinelle  (d’élevage) ne passerait  pas l’hiver.  Résultat, elles se reproduisent comme des nuisibles, dévorent les pucerons et se jettent sur nos coccinelles indigènes.  
Mais attention, sans vouloir être oiseau de bon ou mauvaise augure (à vous de choisir), ne risque t-on pas un jour de retrouver des hivers rigoureux capables de régler Dame nature.  
En attendant nous allons passer en revue quelques plantes qui font le délice de nos jardins et jardinières

PASSIFLORE
Originaire du  Brésil, la passiflore est une liane grimpante dont les fleurs s’épanouissent en théorie pendant l’été. Elles sont blanches et plus souvent bleues aux pétales frangés très découpés. Longue floraison. Les fruits sont acidulés comestibles mais assez fades. les passiflores se plaisent d’une grande véranda et peuvent aussi se cultiver en pleine terre dans le nord de la France à condition de protéger la souche
Il existe pratiquement 700 espèces de passiflores dans le monde dont 95% sont originaires de l'Amérique du Sud, le reste provenant de l'Amérique du Nord, de l'Asie et de l'Australie. Une bonne quarantaine d'espèces est réputée pour leurs fruits (fruits de la passion) comestibles. La variété la plus commune est la caerula Ephémères, ses fleurs bleues s'épanouissent en été jusqu'en automne. Ses fruits comestibles se forment rapidement après la floraison. Et toujours d’après mes cours d’horticulture et l’expérience de mes maîtres, elle doit être protégée l'hiver surtout le pied avec de la paille ou des feuilles mortes.
La variété "incarnata" est plus rustique que caerula. En effet, elle est résistante jusqu'à  - 25 degrés (la souche).  Durant l'hiver, la plante meure et elle repousse au printemps  sur ses racines. On l'appelle en anglais "Maypop", ce qui fait référence à sa capacité de jaillir littéralement du sol au printemps, alors qu'on la pensait disparue. Elle peut parfois redémarrer à partir des racines à un mètre de profondeur.
Bon à savoir
Cette liane exotique est encore appelée par certains peuples d'Amérique Latine "Fleur des cinq blessures". En effet, elle est représentée par ses cinq étamines dont les fleurs symbolisent la couronne du Christ,  la forme lancéolée des feuilles pour la lance et les vrilles représentant la flagellation du fouet. 

CANNA

Les cannas exigent une exposition très ensoleillée et apprécient une terre riche en humus. Le mieux est de planter les rhizomes dans un mélange de terreau et d’une bonne terre de jardin. Arrosez copieusement pendant l’été. Ecartez les rhizomes  tous les 60 cm. Conservation des rhizomes : le canna n’est théoriquement pas rustique dans le nord de la France, or depuis quelques années il résiste aux hivers. En temps normal, rentrez-les rhizomes  à l’abri du gel pendant l’hiver

Bon à savoir : Au printemps, préparez les cannas par une mise en végétation des rhizomes. Pour cela, placez les racines en pot à la chaleur et à la lumière afin de faciliter le départ avant la mise en place définitive du mois de mai.

BANANIER
Le bananier (Musa) est une plante verte très gourmande qui demande un terreau très riche. L’hiver, exposez-le devant une fenêtre éclairée, température 15°C. Arrosez-le une fois par semaine et pulvérisez sur son large feuillage une eau non calcaire. Au printemps, sortez le pot en plein soleil, à l’abri des courants d’air et arrosez-le abondamment. Bien abrité, dans une terre drainée et en couvrant la souche avec de la paille, les bananiers passent aussi l’hiver dehors sous nos contrées, de quoi y perdre son latin !  

 

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