Sainte Catherine

Croquet, rambour, belle fleur verte, noberte... ces arbres fruitiers appartiennent au patrimoine végétal ardennais. Ses  variétés d'antan sont revenues avec bonheur nous caresser le palais .

Enfin, l'automne s'installe ! Il ne reste pratiquement plus aucune feuille sur les arbres. La période des plantations peut commencer.
Ardennais de souche, j'ai décidé de replanter des arbres fruitiers typiquement des Ardennes  : des pommiers croquet, une rambour d'hiver, une belle fleur verte et un prunier noberte. L'histoire de ses variétés est étroitement liée à l'abbaye de Laval Dieu de Monthermé. En fait, toutes ses variétés font parties de notre patrimoine végétal.
La bêche à la main, Je m'en vais faire dans mon "clos" (verger) des trous ...`


Le trou - Heureux  de mon acquisition, je creuse des trous d'un diamètre de 50 centimètres avec deux bons fers de bêche pour la profondeur : le premier fer (la couche superficielle) est soigneusement séparé de la couche inférieure.


Le tuteur - Sans attendre, j'enfonce un tuteur en acacia au fond du trou. En fait, il est beaucoup plus facile de  planter un tuteur avant d'installer l'arbre. Un malheureux coup de masse mal placer et c'est la catastrophe !  Cette méthode permet aussi de maintenir l'arbre pendant  la plantation. Autre avantage, les racines ne sont pas blessées par  l'extrémité du tuteur.


La forme - J'ai préféré des demi-tiges pour mon terrain car je tonds sous les arbres. Une demi-tige est un arbre avec un tronc de 1m 70 environ. Une tige mesure jusqu'à 2 mètres, passée cette hauteur on parle de haute-tige. Arbre de "plein vent", il est surtout utilisé dans les pâtures. Quant à la quenouille     (fuseau ), elle possède ses premières branches au ras du sol. L'intérêt d'une quenouille est pour la cueillette des fruits situés plus bas.


La terre - Un peu amoureuse (collante) ma terre, il faut que je l'allège et enrichisse avec du terreau. Ca tombe bien car au fond du jardin, sous le noyer, j'ai un excellent compost qui se décompose à l'ombre. Depuis le début du printemps, j'avais jeté tous mes déchets verts ( tontes de gazon, mauvaises herbes, épluchures, coquilles d’œufs, cartons...) A la campagne : rien ne se perd !
J'aurais pu aussi utiliser un terreau spécial plantation disponible chez un professionnel du jardin.


L'habillage - A l'arrachage malgré les soins apportés par le pépiniériste, il faut rafraîchir les racines. Il suffit de recouper légèrement les racines avec un sécateur ou un coupe souche bien tranchant.


Le pralinage - Je me souviens encore lorsque mon grand-père plantait un arbre, il fabriquait dans une bassine une boue composée de bouse de vache mélangée  de  terre argileuse et d'eau. Puis il plongeait les racines dans cette mixture.
 Il me disait : "gamin ! Si tu veux mi que l'arbre crève, trempes ses racines dans la bouillasse ". Je crois bien que certains fabricants de terreau aient bien retenu la leçon car aujourd'hui, ils nous proposent du pralin. Il suffit de rajouter de l'eau pour obtenir une boue prête à l'emploie. On n'arrête pas le  progrès !


La plantation - Il existe une image toute faite d'une plantation d'arbre : une personne plante, l'autre le tient droit. Quant à moi, je suis seul dans ma tâche. Il faut donc s'organiser  pour planter son arbre. Muni d'un bon lien, j'attache le tronc contre le tuteur sans le blesser. Cette méthode permet aussi de bien régler la hauteur de la plantation. Il ne faut surtout pas l'enterrer plus profondément par rapport au début de son existence.
Délicatement, je verse au fond du trou ma terre de surface mélangée à mon compost  en la faisant glisser entre les racines. Il est important qu'il ne reste aucune poche d'air sous les  racines. J'ajoute une poignée de poudre d'os pour augmenter la croissance de l'arbre.
Toute la terre est maintenant remise dans le trou, je termine par bien tasser autour de l'arbre. A cette époque de l'année l'arrosage n'est pas indispensable car j'en suis  persuadé cet hiver : la pluie et la neige apporteront assez d'eau pour abreuver mes nouveaux fruitiers d'antan.
 Je rêve déjà des compotes, clafoutis et à la galette aux nobertes que mon cordon bleu maison confectionnera avec ses fruits d'hier et d'aujourd'hui.

 

 

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