Les épicéas attaqués par un coléoptère

Depuis plusieurs années les épicéas meurent les uns après  les autres. Cette hécatombe est l’action d’une contamination au typographe, un coléoptère xylophage de la famille des scolytidées.

 

Nos belles forêts verdoyantes d’épicéas sont elles en train de mourir sous le feu de petits insectes qui minent les écorces ?  Notre vieux sapin de Noël au bout du jardin est-il lui aussi en danger par le ravageur ? A y regarder de plus près, les dégâts sont visibles de  loin  puisque vraisemblablement ce sont plutôt les vieux arbres qui dépérissent les uns après les autres. Que se passe-t-il exactement ?

Le typographe imprime les plus faibles.
Les vieux épicéas sont une cible plus facile à perforer car le diamètre du tronc est plus conséquent.  Les jeunes arbres ne sont pas atteints par le ravageur. Bien qu’il soit capable d’attaquer d’autres hôtes comme les pins sylvestres et mélèzes, rassurez-vous le typographe est surtout inféodé aux épicéas affaiblis par l’âge. Autre bonne nouvelle, il ne s’attaque pas aux jeunes sapins.

Le typographe apprécie la chaleur.  

La prolifération du scolyte typographe est liée aux périodes chaudes et caniculaires de ces dernières années. Réchauffement climatique ou pas,  le seuil épidermique est atteint à cause des degrés supplémentaires  que nous subissons depuis plus de 10 ans. Explication…
En automne, une fois que le typographe termine son cycle sous forme d’adulte d’un petit coléoptère brun foncé de 4 à 6 mm, il hiberne dans la litière d’aiguilles sous l’épicéa. Les autres typographes sous forme de larves, nymphes ou adultes immatures passent l’hiver dans les galeries sous les écorces. Un hiver froid et rigoureux détruit une grande partie des typographes qui sont restés sous les écorces. C’est aussi pour cette raison que les épicéas plantés en altitude sont moins impactés.


Au printemps, dès que les températures dépassent 18 à 20C°. Les mâles fécondent les femelles adultes qui percent les écorces pour creuser des galeries de pontes parallèles aux fibres de bois. Dès l’éclosion, les larves creusent des galeries sinueuses perpendiculaire cette fois-ci à la galerie de ponte. A l’extrémité des galeries, on constate des berceaux de nymphoses (petites niches).
Pendant le même temps les larves de l’année précédente continuent à creuser des galeries jusqu'à leurs tailles adultes. Ils essaiment  à la conquête d’autres épicéas et ainsi de suite…

Les arbres stressés attirent les typographes
Si le printemps est chaud, l’été caniculaire et l’automne doux, le typographe se reproduit plusieurs fois créant trois générations dans la même année. Les arbres stressés par un manque d’eau, blessés, (grêle, élagage, canicule…) fabriquent des phytohormones, une substance chimique pour avertir les autres végétaux de son « mal-être ».  Les phytohormones  attirent les scolytes présents sur plusieurs kilomètres à la ronde.  

Les premiers symptômes d’une attaque de typographe
Les houppiers commencent à rougir (sommets des épicéas) le reste de l’arbre reste encore vert. On constate des orifices de pénétration sur les écorces avec de la sciure. Les écorces commencent à se décoller. Puis la totalité du  conifère grille.

Moyens de lutte
Ne pas élaguer ou tailler les branches basses pendant la végétation. L’écoulement de la résine attire les scolytes en vol.  Si élagage, il  doit d’effectuer en hiver et pas plus tard qu’en février.
Abattre les arbres ravagés et les écorcer sur place et broyer les branches et écorces  pour  détruire les larves et nymphes.  

Les ennemis naturels des scolytes
Ce sont principalement les pics qui extirpent les larves des écorces.  La biodiversité forestière est sans doute le premier barrage pour empêcher les scolytes typographes de progresser. Il existe une multitude d’insectes prédateurs capables d’enrayer une invasion de scolytes pourvu qu’ils soient présents.  Un printemps pluvieux et froid diminue leur propagation.
Affaire à suivre…

   

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